L’Entreprenariat serait-il inné chez les femmes?

20 septembre 2008

L’entreprenariat serait-il inné chez les femmes ?

Zara une petite fille réfugiée de 8 ans du camp de Kounoungou département de Guéréda en est une preuve.

 

theophoto.jpg

 Photo 1 de Theodore Mbainaissem

La petite Zara sur le site de distribution du camp de Kounoungou

Cette petite fille sur la photo avec un morceau de bois s’appelle Zara. Elle habite au  camp des réfugiés soudanais de Kounoungou. Un des douze camps soudanais installés à l’est du Tchad  pour accueillir les réfugiés soudanais ayant fui les atrocités de la guerre de chez eux.

Brève historique de la situation des réfugiés à l’est du Tchad

Suite aux affrontements meurtriers qui ont eu lieu au Soudan précisément au Darfour en 2003 entraînant un flux important des réfugiés soudanais à l’est du Tchad, douze camps ont été installés à l’est du Tchad dont 2 dans la région de Dar Tama département de Guéréda (le camp de Kounougou et de Mile). Ces deux camps abritent à ce jour 35122 réfugiés soudanais. Le camp de Kounoungou où habite la petite Zara est situé à (l’est) de la ville de Guereda à 18 kilomètres. Le camp de kounoungou est habité par au moins 6 ethnies venues du Soudan à  savoir : les Eiringa, les Massalites, les Djabal, Tama et quelques rares Zagawha et For. C’est suite aux attaques et bombardements perpétrés par l’armée soudanaise et les milices Djandjawids que ces populations ont quitté leurs villages pour se retrouver à Kounoungou dans le but d’être en sécurité. Etre en sécurité certes mais les conditions de vies dans ces camps sont très difficiles. Les réfugiés ne dépendent que de l’aide de la  communauté internationale. En dehors de l’aide alimentaire apportée par le Programme Alimentaire Mondial à ces réfugiés, il y a aussi les autres ONG qui interviennent dans les activités comme le service communautaire (éducation des enfants réfugiés, apport en eau,  protection sanitaire etc.) le panier alimentaire est composé le plus souvent par les céréales, les légumineuses, l’huile végétale, le sucre et le sel. Il y a aussi des partenaires qui essayent de mette en œuvre les activités génératrice de revenu pour aider les groupements mixtes ou féminins à faire du commerce, des cultures maraichères, bref ce qui peut les aider à avoir un peu d’argent pour subvenir à d’autres besoins.

C’est dans ce camp de Kounoungou que la petite Zara était arrivée en 2003. Elle n’avait que quatre (4) ans. Aujourd’hui, elle compte huit (8). Elle est la troisième de la famille dont deux garçons. Les parents de la petite Zara sont pauvres. Le père et la mère ne développent aucune activité qui puissent leurs apporter un peu d’argent. Ils dépendent de l’aide alimentaire comme la plupart des réfugiés installés dans les camps à l’est du Tchad. Il faut batailler dur pour la survie de sa famille. Comment se procurer les biens de première nécessité comme du savon, du pétrole lampant, les habilles et autres choses quand on ne fait pratiquement rien. Je me rappelle bien d’un slogan diffusé chaque jeudi aux environ de 10 heures à la radio diffusion nationale tchadienne cette phrase de l’animatrice dans une émission : « j’écoute les jeudis de la radio rurale ». Ce slogan une idée dans la tête, de l’argent dans les mains, consacré spécialement aux activités génératrices de revenus réalisées par les femmes rurales. Après avoir écouté la petite Zara me raconter sa petite activité qui lui rapporte chaque mois à la période de distribution générale des vivres un peu d’argent ou de vivres. Comme on le dit souvent cette petite fille réfugiée a un sens exceptionnel des affaires. Elle est certes petite mais déjà très avancée dans le sens de l’entreprenariat. La petite Zara avait une idée dans la tête et de l’argent dans les mains. La petite Zara ne dispose ni d’un capitale, ni d’un magasin pour démarrer son petit business mais juste d’un âne. Un beau petit âne gris, peut être toute la fortune de la famille mais utilisé à sa juste valeur.

theophoto.jpg

Photo 2 de Théodore Mbainaissem

La petite Zara au milieu de ses amies sur le site de distribution

 

Rencontre avec la petite entrepreneuse

J’ai remarqué la petite Zara sur le site de distribution général des vivres de Kounoungou. Je la voyais tourner en rond dans tous les quatre coins du site. C’était pour éviter de se faire chasser par les vigiles qui assurent la sécurité du site de distribution. Au début, je la voyais comme tous les enfants réfugiés errant sur le site à la recherche des emballages vides (cartons, tonneaux vides, bouchons etc.) pour les transformer en gadget de jeux. A un certain moment de la journée, presque tous les enfants errant disparaissent mais je voyais toujours la petite Zara après 15 ou 20 minutes d’absence chaque une ou deux. Le dernier jour de la distribution générale des vivres, j’avais remarqué la petit Zara entrain de proposer ses services à une femme d’une quarantaine en arabe local si elle pouvait lui transporter ses colis. La femme avait répondu par la négative en répondant à la petite fille qu’elle a aussi un âne. C’est ainsi que j’avais posé la question à la petite Zara de s’avoir ce qu’elle faisait sur le site tous les jours. Qu’est ce qu’elle dispose comme moyen pour aider la femme à transporter ses colis. Est que tu sais que le travail des enfants est interdit ?

theophoto004.jpg

Photo 3 de Théodore Mbainaissem

La Petite Zara et son précieux âne sur le site de distribution

Elle avait d’abord hésité de répondre à mes questions comme toutes les jeunes filles réfugiées face à un inconnu. Une bonne minute plus tard, ayant décidé enfin à parler, elle m’avait répondu timidement qu’elle ne transporte pas les colis avec la tête mais plutôt à dos d’âne. Est ce que c’est ton âne. Elle acquiesça. Où est-il ? Là-bas répondit elle. Tu transportes gratuitement les colis ou on te donne de l’argent ? On me donne de l’argent. Combien on te donne quand tu amènes le colis à la maison ? 100 FCFA équivalent de 0,16 Euro. Peux-tu me montrer ton âne ? Oui nous nous dirigeons alors hors du site de distribution et elle m’indiqua le petit âne gris. C’est ça mon âne. C’est pour toi ou pour tes parents ? C’est pour ma mère et elle me l’a donné. C’est maintenant mon âne. C’est moi qui l’amène manger et boire. Je vois que tu l’entretien bien , comme il est bien gros. Combien te rapporte le transport par jour au moment de la distribution ? De fois 500 ou 1000 FCFA. Ce qui fait dans l’ordre de 2500 ou 3000 FCFA au cours des quatre jours de distribution. Somme difficile à gagner au camp des réfugiés mais qui peut être considérée comme une manne pour une famille complètement démunie et qui ne vit que de l’aide alimentaire. J’ai décidé de suivre la petite Zara dans sa famille pour causer avec sa famille. Après les salutations, j’ai demandé à la maman de Zara si c’était bien sa famille. Oui c’est ma fille qu’est ce qu’elle a fait ?

Rien répliquais-je. Votre fille est très courageuse.

Oui Zara nous aide beaucoup. Je me demande sans ma petite fille qu’allons nous faire à Kounougou ? Nous n’avons rien comme ressource et c’est grâce à sa débrouille que nous pouvons payer les condiments pour la sauce. Nous n’avons pas d’autres ressources que ce petit âne de Zara. Cet âne nous rend un grand service. Les jours ordinaires, on l’amène pour chercher du bois et l’eau. Les jours de distribution, Zara l’utilise pour transporter les vivres de ceux qui ne disposent pas de moyen de transport.

Cette activité vous rapporte un peu d’argent ?

Oui un peu à la période de distribution.

Combien ?

1500 ou 2000 FCFA par distribution. Mais il y a aussi d’autres enfants comme Zara qui viennent proposer ce même service. Comme c’est une fille docile, on la sollicite souvent. C’est presque tout le monde qui possède un âne ici et la concurrence est rude.

Et Zara elle gagne quoi dans ce qu’elle rapporte ?

De temps en temps j’épargne un peu pour lui acheter une robe, une culotte. On ne peut pas tout avoir des ONG. C’est très difficile la vie de réfugiée. Vous voyez les ONG nous donnent du céréale, de l’huile etc. mais pas tout.

C’est vous qui avez eu l’idée d’envoyer Zara sur le site pour faire ce travail ?

Non, c’est elle-même qui a eu l’idée. Elle a vu les autres faire.

Vous devez être fière de votre fille.

Oui très fière et je prie Dieu de lui donner la chance de repartir grandir sur sa terre natal le Darfour.

C’est vraiment une fille très entreprenante et je l’admire beaucoup et merci de votre accueil.

 

 

Femme rurale, une partenaire sure pour le Developpement

13 août 2008

La Femme rurale, partenaire sure pour le développement 

S’il y a une partenaire sure sur ce qui ont peut compter pour faire du développement en Afrique subsaharienne, c’est la femme rurale. Longtemps négligée et considérée comme brute, sans instruction, moins évoluée donc incapable de réaliser des bonnes choses.  Grossière erreur, les femmes rurales constituent un pole positif pour le développement. Avec les femmes rurales, on peut réaliser des grandes activités. L’effort à fournir est de les sensibiliser, de les expliquer sans se prendre pour un connaisseur hors pair, de les organiser et de faire une bonne répartition dans les taches à accomplir. Les résultats sont impeccables. Voici un exemple concret avec les femmes rurales dans la région de Dar Tama à l’est du Tchad. 

Nous sommes à l’est du Tchad dans le département de Guereda, dans cette région frontalière avec le Soudan, plus de 40.000 refugies soudanais ont été installés par le Haut Commissariat des Refugies HCR dans deux camps en dehors de la ville de Guereda. Par contre un bon nombre d’organisations non gouvernementales humanitaires appuyant ces refugies soudanais ont installé leurs bases dans la ville de Guereda. Toutes les opérations humanitaires partent de Guereda vers les deux camps de Mile et Kounoungou. En matière de ravitaillement, toutes ces organisations sont reliées à la ville d’Abéché ou les quartiers généraux y sont installés. Les avions humanitaires font la navette entre Abéché et les différentes localités à l’est du Tchad ou les 12 camps sont installés. 

A cause des multiples attaques des coupeurs de route opérants dans la zone, il est difficile de se rendre  à Abéché par voie routière. Ainsi la voie aérienne est le plus sure pour bien mener les opérations humanitaires. Les différents aérodromes construits dans les localités ou les actions humanitaires doivent être menées sont le plus souvent en proie à la dégradation par les intempéries. Ces aérodromes sont construits le plus souvent par les moyens de bord locaux mais respectant les normes de l’aviation civile internationale. La fréquentation régulière de ces pistes d’atterrissage (5 jours par semaine), l’érosion éolienne et pluviale dégradent rapidement  l’état de la piste faite en latérite. Pour la réhabiliter, les organisations humanitaires font appel à la population locale pour les travaux de réhabilitation. Le plus souvent c’est le Programme Alimentaire Mondial qui initie les travaux grâce à son programme de Vivres contre Travail. Le PAM propose à la population locale qui vit tout autour de la piste de l’aider à réparer la piste et en échange, il lui offre les vivres. Cette année à Guereda, la réhabilitation de la piste a été faite grâce à  l’implication de 4 villages frontaliers avec la piste d’atterrissage. Au total 90 personnes ont participé à ces travaux dont 70 femmes et 20 hommes. En récompense aux travaux de réhabilitation, du cash et des vivres ont été proposés aux partenaires des 4 villages environnants. 

Le rôle joué par les femmes dans ces travaux Les femmes ont été très impressionnantes dans la réalisation de ces travaux. Leur courage et leur détermination au cours de ces travaux sont à louer. Elles sont présentent sur tous les travaux et nous pouvons même dire les travaux de réhabilitation ont été réalisés à presque 100% par les femmes des 4 villages environnants. Du chargement de la latérite à l’étalement sur les zones érodées et le compactage, les femmes sont présentes. En voyant les femmes à l’œuvre il ne fait pas l’ombre d’un doute que les femmes rurales sont les partenaires sures pour faire un bon développement.  Les travaux de réhabilitation de la piste d’atterrissage de Guereda ont été possibles grâce aux femmes. Une question se pose : jouissent-elles réellement de ce qu’elles gagent ?    

Partout à l’est du Tchad, on remarque la présence des femmes dans toutes les activités. Elles sont au cœur de toutes les activités socioéconomiques. Les travaux agricoles, l’élevage, la reproduction et la protection des enfants regardent les femmes. On se pose souvent la question de savoir si ces femmes qui sont très activent à l’est du Tchad jouissent-elles des fruits de leurs travaux. La réponse sera certes négative. Les femmes rurales malgré les efforts qu’elles fournissent tous les jours pour la cause de la petite famille ne profitent pas de ce qu’elles produisent. On dira simplement que dans cette partie du Tchad, les femmes sont exploitées par les hommes. Cette exploitation qui ne dit pas son nom découle des pesanteurs culturelles mis en place par les pouvoirs traditionnels et religieux pour maintenir la femme sous domination.


dsc03577.jpg
 

Photo 1 de Theodore Mbainaissem 

Femmes déchargeant de la latérite au moment des travaux de réhabilitation de la piste d’atterrissage de Guereda   

La cause culturelle Il est de coutume dans cette partie du Tchad que les femmes soient dévouées à la cause de leurs maris. L’homme est considéré comme roi et il doit être servi par sa femme. Alors pour qu’une femme aille en mariage, elle doit être brave. Elle doit construire le toit familiale, s’occuper des labours, des bêtes et des travaux domestiques. Bref elle doit tout faire pour son mari. Au moment ou ces femmes courbent l’échine dans les durs travaux, les hommes se prélassent sous les arbres buvant leur the ou mangeant de la grillade au marché hebdomadaire de la place. Le pouvoir traditionnel mêlé au poids de la  religion musulmane dominante dans cette région a fait le reste du travail. Dans toutes les rencontres que nous avons eues au moment des discussions pour la réalisation des travaux, les femmes sont restées loin des hommes. Elles n’ont pas droit à prendre la parole en publique ou simplement leurs opinion ne comptent pas. Ce sont les hommes qui décident à leur place. Elles ne feront que mettre en application ce que les hommes dictent. Toutes ces barrières érigées autour de la femme tchadienne à l’est du Tchad ne la fait pas profiter de tout ce qu’elle produit. La gestion de la récolte, le troupeau, l’argent gagné par des durs labeurs sont encore à la disposition de l’homme.

 dsc035611.jpg

dsc03567.jpg 

Photo 2 et 3 Femmes en pleine activités au moment des travaux de réhabilitation 

Apres les travaux de la réhabilitation de la piste, l’heure est au partage des vivres mais quelle n’a pas été la surprise. Le rendez vous pour le partage des vivres devrait se passer sur le lieu des travaux. En dehors des partenaires venus d’un village environnant situé à 15 kilomètres de la piste, il n’y a aucune femme parmi les représentants des trois autres villages désignés pour la distribution. Nous avons posé la question de savoir ou sont les femmes venues nombreuses pour le travail. Elles ne sont plus la au moment de la distribution des vivres. Difficile d’avoir une réponse exacte. Les hommes ont répondu simplement qu’elles sont restées dans les villages, elles sont parties aux champs. Vraiment difficile de comprendre. La règle est simple : « qui n’a pas travaillé n’a pas droit au salaire. » c’est plutôt le contraire. Ce sont ceux qui ne travaillent pas qui ont droit au salaire. Les travailleuses elles sont simplement écartées. En se basant sur l’efficacité des femmes dans la réalisation des activités dans cette région, on pourrait dire que si jamais des grands projets doivent être mis en œuvre dans cette région du pays, il faut plutôt faire appel aux femmes. Ce sont des partenaires sures qui font la différence dans cette région du Tchad. La question qui se pose est de savoir comment faire pour que ces femmes profitent réellement de ce qu’elles produisent. Comment amener les hommes à desserrer l’étau autour de ces femmes qui ne sont que des machines à production programmées. Les organisations des défenses des droits de la femme doivent se tourner de ce cote du Tchad pour tenter de changer la situation alarmante dans laquelle vivent les femmes tchadiennes de l’est. Avec tout ca, elle doit chercher de l’argent pour que son mari aille doter une deuxième ou troisième femme. Les femmes sont comptées parmi les richesses du mari au même titre que la voiture, les animaux. Si jamais on éloigne au cours d’une journée seulement les femmes de cette partie du Tchad des hommes, imaginez quelle tête ils feront.   

22 juin 2008

Violence faite aux femmes au Tchad

Excision: Une pratique qui mutilent les femmes tchadiennes

Cette pratique est vieille comme le monde en Afrique. Plusieurs pays la pratique dont le Tchad. Plusieurs femmes en sont victimes. Chaque année des centaines de jeunes filles en sont victimes dans tout le Tchad, elle est pratiquée dans certaines régions du sud ainsi qu’au centre du pays. c’est un mal difficile a enrayer malgré les conventions ratifiées par le Tchad sur la violence faite aux femmes. L’excision se pratique le plus souvent dans les campagnes. Les jeunes filles choisies pour être excisées sont envoyées dans leurs villages d’origines. Depuis ces derniers temps, cette pratique a gagne la capitale N’djamena au nez et a la barbe des autorités garantes des libertés. Pourtant des séminaires sont organises chaque année pour fustiger ce mal mais rien de concret n’a été fait. Ce mal ou cette violence poursuit tranquillement son chemin.

Les Racines Profondes de Ce mal

Selon les exciseuses que j’ai  rencontré, toutes ont affirme que l’excision fait partie de leurs coutumes depuis les temps anciens et qu’elles ne seront pas prêtes a abandonner. Pour ces femmes, il n’y a aucun mal dans la pratique de l’excision. L’excision fait partie des Us positifs. Elle est considérée comme une initiation. Tu vois chez nous, avant qu’une fille soit mariée, il faut bienqu’elle soit initiée m’a dit une vieille femme appelée mère des initiées. L’initiation dont les gourous font allusion ici est l’excision. Pour bien gérer son foyer, il faut que la future femme soit initiée ou excisée. l’excision est une dure épreuve qui prépare la jeune fille a faire face a bien des situations dans son foyer. C’est pour cette raison qu’on initie ou excise nos filles. Un homme qui cherche une bonne femme pour fonder son foyer doit prendre en mariage une femme initiée ou excisée. L’exicision pour nous n’est pas du tout un mal. Elle est plutôt bénéfique pour la jeune fille elle même et aussi pour la famille qui envoi sa fille a l’excision.

 picture013.jpg 

Photo 1 de Theodore Mbainaissem/Jeunes filles excisées du quartier périphérique de Walia regagnant la case de retraite. 

Que du Bluff

Non seulement l’excision mutile la femme mais tout un lavage de cerveau est fait aux filles sur les lieux de retraite ou elles sont retenues pour la cicatrisation de leur plaie. véritable torture l’épreuve de soin des plaies. J’ai écouté de mes oreilles une gourou  dire a une victime qu’on martyrise au moment ou on lavait sa plaie avec de l’eau chauffée a combien de degré je ne sais plus. « Hé! cesse de pleurer et laisses moi nettoyer ta plaie. Le premier jour ou tu aura un rapport sexuel avec un homme, tu va concevoir ». Des insanités qu’on raconte aux vicitmes en leur bourrant le crane pour leur faire croire que l’excision est une bonne pratique. Le pire subit par les victimes est l’épreuve de nettoyage de la plaie a l’eau chaude. Des cris, des pleures et des lamentations s’elevent de tout cote. c’est du véritable torture.

 picture008.jpg

 Photo 2 de Theodore Mbainaissem/Une gourou allaitant son enfant. Derrière elle un demi fut avec de l’eau bouillante qui servira a laver les plaies.

 Dangers encourus aux soins inadéquats

Les risques et dangers relatifs a l’excision sont bien la. Ces femmes qui pratiquent l’excison sont-elles réellement conscientes de l’acte qu’elles posent quant aux risques et dangers que les victimes y sont exposées? Une chose est a savoir que cette pratique est interdite par la loi. Aucune des gourous ne peut s’ouvrir de tout coeur  a toute personne qui cherche a savoir un peu plus sur cette pratique. En ville peut être avec la sensibilisation sur le VIH/SIDA, les gourous peuvent encore utiliser une lame de rasoir par victime. A la campagne, une seule lame peut servir a exciser plusieurs victimes. Le plus souvent les instruments utilises ne sont pas stérilisés alors en avant le SIDA. Il y a aussi l’hemoragie qui entraine souvent la mort de certaines victimes. La mort d’une victime ne sera jamais déclarée aux autorités. Ça restera toujours un secret entre la famille et les gourous.

A qui profite donc cette pratique

Cette pratique ne profite certes pas aux familles qui envoient leurs filles se faire exciser. Les parents doivent payer les gourous pour service rendu. Ils doivent aussi épargner pour l’achat des vivres pour nourrir les excisées aux moment de la retraite. Les parents doivent aussi epargner pour payer les parures de l’excisee a la fin de la cicatrisation de sa plaie. Pendant tout le mois que dure l’épreuve de la cicatrisation de la plaie, c’est la fête totale. chaque jour, ce sont les chants, les cris de joie, les danses bref du vacarme hors commun. Gourous et excisées festoient. L’alcool local coule a flot jusqu’au jour ou les victimes sont déclarées parfaitement guéries. Les nouvelles initiées comme on a coutume de les appeler sont escortées au pas de danse et des chants chez leurs parents pour être soit livrer a un mari ou continuer par vivre sous le toit familial. Quelques malheureuses se lanceront dans la débauche pour étancher leur soif puisque le goût de l’alcool pris a la maison de retraite ne s’etait plus  dissipées. C’est ainsi que beaucoup sombre dans la prostitution.

 picture009.jpg

Photo 3 de Theodore Mbainaissem/trois gourous devant la case de retraite des jeunes filles qui viennent d’etre excisees. 

Que font exactement les autorités pour enrayer ce mal?

A mon avis, rien de concret. On va de séminaire en séminaire, de débat en débat mais traduire les conclusions de ces débats ou ces séminaires dans la réalité est une autre paire de manche. L’excision se pratique actuellement dans les périphéries de N’djamena chaque année. Entre le mois d’octobre et novembre, dans les quartiers périphériques comme Walia des scènes de liesse s’observent chaque jour devant les cases de retraite ou les excisées passent leur temps en attendant la cicatrisation de leur plaie. A bien réfléchir a cette situation, il ne fait pas l’ombre d’un doute que les autorités cautionnent ce mal. Le commissariat de police du 9ème arrondissement de Walia n’est même pas loin de la ou les filles sont excisées. Au moment ou on accompagne ces initiées dans leurs familles respectives, le cortège passe devant ce commissariat. Les policiers sont très occupes pour appliquer la loi. Le ministère en charge des questions de genre que fait-elle exactement pour empêcher cette pratique? C’est ce ministère le garant de la convention ratifiée par le Tchad pour éradiquer toutes les formes de tortures faites aux femmes. Chaque année, c’est le même refrain. On se réuni pour manger et se partager les perdiems a propos de ces pratiques mais jamais on ne songe a arrêter ce mal. Cette pratique doit aussi certainement profiter a certains hommes politiques issus des milieux ou on pratique l’excision. J’ai écoute un jour a la radio national au cours d’un débat radiodiffuse un intellectuel dire haut qu’une femme excisée n’est pas une femme. Pour ce monsieur, s’il y a lieu de choisir entre une femme excisée et non excisée, il choisira certainement une femme excisée. Ces hommes qui tiennent de pareils propos occupent des hautes fonctions dans l’administration. Ils ne laisseront jamais appliquer une loi répressive contre cette pratique malsaine.

 picture025.jpg

 Photo 4 de theodore Mbainaissem/Fin de l’epreuve/Escorte des jeunes filles excisées(en jupe rouge) vers le centre de la ville pour regagner le domicile familiale.

En conclusion

Enrayer cette pratique au Tchad n’est pas une question de jour, de semaine, de mois ou d’année. Les personnes en charge de l’eradiquation de ce mal sont la. Elles observent et ferment les yeux dessus. En attendant la prise de conscience sur ce mal par les autorités, les gourous sont libres de leurs mouvements et continuent par faire de cette pratique leur gagne pain sans même être inquiétées. Entre temps ce sont les jeunes filles sans défense qui continuent par être victimes.

Alors que Devons nous faire? 

En attendant la réaction des autorités, devons nous rester les bras croises pour attendre la providence de venir enrayer ce mal a notre place? Le mal est la et chaque jour, il s’enfonce profondément en nous. Il faut l’eradiquer. Nous invitons toutes les personnes sensibles a cette situation de se joindre a nous pour engager maintenant la lutte. Nous attendons vos réactions sur cet article.

Actions futures

1-Mise en place d’un réseau de lutte contre l’excision en Afrique(les pays concernes)

2-Mise en place d’un cabinet d’ecoute et de conseil a N’djamena pour le moment et ensuite dans les provinces pour les victimes et les bourreaux.

3-Mise en place d’un projet de lutte contre l’excision

4-Fund rising pour aider les gourous a abandonner cette pratique et s’orienter vers les activités génératrices de revenus.

Vous etes interpelle(es)

Theodore Mbainaissem

Coordonnateur Régional

APEDAC

BP 4416 N’djamena Tchad

+235 00390665137634/00235 629 25 32

apedac2001@yahoo.fr

 

Bonjour tout le monde !

21 juin 2008

Bienvenue sur Unblog.fr, vous venez de créer un blog avec succès ! Ceci est votre premier article. Editez ou effacez le en vous rendant dans votre interface d’administration, et commencez à bloguer ! Votre mot de passe vous a été envoyé par email à l’adresse précisée lors de votre inscription. Si vous n’avez rien reçu, vérifiez que le courrier n’a pas été classé par erreur en tant que spam.

Dans votre admin, vous pourrez également vous inscrire dans notre annuaire de blogs, télécharger des images pour votre blog à insérer dans vos articles, en changer la présentation (disposition, polices, couleurs, images) et beaucoup d’autres choses.

Des questions ? Visitez les forums d’aide ! N’oubliez pas également de visiter les tutoriels listés en bas de votre tableau de bord.